BIOGRAPHIE

Je suis née dans les années 50, entre Bresse et Revermont.

Autodidacte, je me réalise avec humilité, et sagesse.

En déjouant les pièges insidieux de la vie, j'ai appris à construire mon bonheur au milieu des Fleurs et des Papillons.

Des prairies sèches du Mexique, à Belgorod en Russie, j'ai gardé des souvenirs inoubliables, mais un des plus merveilleux, c'est celui d'un papillon aux ailes incrustées de saphir...

Chaque apparition de Phébus illumine mon jardin, les turbulences se taisent, les Papillons folâtrent, les Fleurs s'épanouissent.

Annie CHAMBADE-BREANT

La renaissance

Nous sommes le  10 juillet 1986, il est 7h.

Les cloches de l'église d'Auberville la Campagne, petit village normand, retentissent.

Comme tous les mercredis matins, je quitte la maison de campagne pour me rendre au travail, à Fécamp.

Ce matin-là, il pleut, j'adapte ma vitesse, je roule moins vite.

J'approche le premier virage, à la sortie du village de Toussaint.

Je freine, la voiture ne répond pas à ma commande.

Il est 7h41.

Ma voiture tourne sur elle-même, tout vole en éclats.

A ce moment-là,

j'ignore que je viens de percuter un camion qui venait en sens inverse.

J'ai tout juste le temps de prendre conscience  que ma vie bascule.

Lorsque j'ouvre les yeux, je suis dans un véhicule de secours d'urgence.

Je ne comprends pas.

Les sauveteurs essayent de me faire parler, je ne dois pas fermer les yeux.

Ils savent que ma vie ne tient qu'à un souffle.

Je ne peux plus respirer.

J'étouffe.

Je suis secouée, mes pupilles sont troubles, je souffre.

Je distingue des blouses blanches, j'entends des voix.

Un sentiment de panique m'entoure.

J'ai mal, très mal, quelque chose dans ma gorge me gêne.

Puis une sensation étrange m'envahit.

Je suis dans un tube noir très étroit.

Je veux crier, mais aucun son ne sort de ma bouche.

La douleur revient, ma gorge me fait très mal.

Près de moi, des ombres s'affolent, et j'entends dire  :

"il faut faire une trachéotomie !"

Puis, je reviens dans ce tube noir, mais cette fois, il est plus large.

C'est comme si j'étais dans un tunnel, avec au bout une vaste ouverture sur l'espace .

Mon corps ondoie dans un univers très lumineux, plus j'avance, plus c'est agréable. Je suis bien, je suis attirée par cette lumière blanchâtre.

Je veux rester, je suis très légère.

Combien de temps suis-je dans ce cosmos surnaturel ?

Je ne sais pas, mais je suis heureuse, je n'ai plus de souffrances.

Ce passage que je ne peux oublier, c'est ce que la médecine définit comme l'état de mort imminente : "E.M.I".

Combien de minutes, combien d'heures, combien de jours, suis-je dans ce néant ?

Je ne sais pas.

Un matin, mes yeux ont été éblouis par la beauté du soleil.

Son rayonnement m'a fait renaître.

Pas un jour ne passe sans que cette lumière ne soit présente dans mon esprit.

Elle est un guide.

Les rayonnements du soleil associés aux lavatères roses, fleurs que mon mari avait semé autour de la maison de campagne pendant mon séjour à l'hopital,  sont les témoins de ma renaissance.

Pendant six années, je ne parviendrai pas à parler, seuls quelques chuchotements pour me faire comprendre.

Pendant de longs mois, je ne parviendrai pas à écrire.

Refusant de subir, entre autres,  ces handicaps, je commencerai par tenir un pinceau,  de là est née ma passion de peindre des fleurs, laissant mon imagination choisir les formes et les couleurs.

Depuis 30 années  une seconde vie s'est offerte à moi,  oh combien merveilleuse !